Gabon, le Djobi
Bernard Chaye examine l'obligation faite aux ministres gabonais et aux gestionnaires de fonds publics de prêter serment devant le Djobi, un rite spirituel traditionnel. Bien que destinée à freiner la corruption publique, cette décision suscite un scepticisme important quant à sa faisabilité et sa cohérence morale. Les détracteurs soutiennent que le Djobi exige une pureté absolue de la part de ceux qui l'approchent, ce qui soulève des questions sur la capacité des agents de l'État, voire du chef de l'État lui-même, à satisfaire honnêtement à des normes spirituelles aussi strictes.
Cette exigence risque de paralyser le gouvernement, car des responsables potentiels pourraient se trouver incapables de franchir le seuil spirituel nécessaire. Les experts suggèrent que pour que le Djobi fonctionne comme un outil de gouvernance plutôt que comme un geste symbolique, l'État doit négocier un champ d'application plus restreint pour le serment — en se concentrant uniquement sur la protection des deniers publics — et s'assurer que les dirigeants prêchent par l'exemple pour regagner leur autorité morale.




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