Témoignages des grecs

 Témoignages des grecs

La race égyptienne d’après les auteurs classiques de l’antiquité Pour les écrivains grecs et latins contemporains des Egyptiens de l’Antiquité, l’anthropologie physique de ces derniers ne posait pas de problèmes : les Egyptiens étaient des Nègres lippus, à cheveux crépus et à jambes grêles ; l’unanimité de leurs témoignages, sur un fait physique aussi saillant que la race d’un « peuple », sera difficile à minimiser ou à passer sous silence. Nous citons quelques-uns de ces témoignages pour fixer les idées.

Hérodote (480 ? à 425 avant notre ère)

. Surnommé le père de l’histoire. A propos de l’origine des Colches 25, Hérodote écrit :
« Manifestement, en effet, les Colchidiens sont de race égyptienne ; mais des Egyptiens me dirent qu’à leur avis les Colchidiens descendaient des soldats de Sésostris. Je l’avais conjecturé moi-même d’après deux indices : d’abord parce qu’ils ont la peau noire et les cheveux crépus (à vrai dire, cela ne prouve rien, car d’autres peuples encore sont dans ces cas), ensuite et avec plus d’autorité, pour la raison que, seuls parmi les hommes, les Colchidiens, les Egyptiens et les Ethiopiens pratiquent la circoncision depuis l’origine. Les Phéniciens et les Syriens de Palestine reconnaissent eux-mêmes qu’ils ont appris cet usage des Egyptiens. Les Syriens, qui habitent la région du fleuve Thermodon et du Pathenios, et les Macrons, qui sont leurs voisins, disent l’avoir appris récemment des Colchidiens. Ce sont là les seuls hommes qui pratiquent la circoncision et l’on peut constater qu’ils le font de la même manière que les Egyptiens. Des Egyptiens eux-mêmes et des Ethiopiens, je ne saurais dire lesquels des deux apprirent cette pratique des autres ; car c’est évidemment chez eux une chose très ancienne ; qu’on l’ait apprise en fréquentant l’Egypte, voici qui en est aussi pour moi une forte preuve : tous ceux des Phéniciens qui fréquentent la Grèce cessent de traiter les parties naturelles à l’imitation des Egyptiens et ne soumettent pas leurs descendants à la circoncision » 26.
Hérodote revient à plusieurs reprises sur le caractère nègre des Egyptiens et l’utilise, chaque fois, comme une donnée qui tombe sous le sens pour démontrer des thèses plus ou moins complexes. Ainsi, pour prouver que l’oracle grec de la ville de Dodone, en Epire, est d’origine égyptienne, il donnera entre autres arguments :
« et lorsqu’ils ajoutent que cette colombe était noire, ils nous donnent à entendre que cette femme était égyptienne » 27.
25. Au Ve siècle avant notre ère à l’époque où Hérodote visita l’Egypte, vivait encore en Colchide, sur le rivage arménien de la mer Noire, à l’est de l’antique port de Trébizonde, un peuple noir, les Colches, entouré de nations leucodermes. L’antiquité savante s’interrogea sur ses origines et Hérodote dans Euterpe, son livre II consacré à l’Egypte, essaie de prouver que les Colches étaient des Egyptiens, d’où les arguments que nous citons. Hérodote, se fondant sur les stèles commémoratives dressées par Sésostris en pays conquis, soutient que ce pharaon est allé jusqu’en Thrace et en Scythie où l’on aurait trouvé ces stèles encore de son temps, livre II, 103. 26. Hérodote, Livre II, 104. Comme chez beaucoup de peuples d’Afrique noire, la femme égyptienne était excisée : cf. Strabon (Géographie, Livre XVII, ch. 1). 27. Hérodote, Livre II, 57. 54 afrique ancienne Les colombes en question, il y en avait deux en fait d’après le texte, symbolisent deux femmes égyptiennes qui auraient été enlevées de Thèbes en Egypte pour fonder les oracles de Dodone en Grèce et de Libye (Oasis de Jupiter Amon). Hérodote ne partageait pas l’opinion d’Anaxagore selon laquelle la fonte des neiges sur les hauts sommets de l’Ethiopie était à l’origine des crues du Nil 28. Il s’appuyait sur le fait qu’il ne pleut ni ne neige en Egypte « et que la chaleur y rend les hommes noirs » 29.

Aristote (389 ? à 322 avant notre ère)

. Savant, philosophe, précepteur d’Alexandre le Grand. Aristote, dans un de « ses » ouvrages mineurs, a tenté d’établir avec une naïveté inattendue une corrélation entre le physique et le moral de l’être et nous a laissé un témoignage sur la race égyptienne et éthiopienne, qui confirme les dépositions d’Hérodote. Selon Aristote :
« Ceux qui sont trop noirs sont couards, ceci s’applique aux Egyptiens et aux Ethiopiens. Mais ceux qui sont excessivement blancs sont également couards, témoin les femmes, mais la complexion qui correspond au courage est entre les deux. » 30

Témoignages des grecs


©Écrivains grecs antiques

 Témoignages des grecs

Lucien (125 ? à 190 de notre ère)

. Ecrivain grec. Le témoignage de Lucien est aussi explicite que les deux précédents. Il met en scène deux Grecs, Lycinus et Timolaus, entre lesquels s’instaure un dialogue. « Lycinus (décrivant un jeune Egyptien). — Ce garçon n’est pas seulement noir, mais il est lippu aussi et a les jambes trop grêles… Ses cheveux ramassés derrière en une tresse montrent qu’il n’est pas de condition libre. Timolaus. — Ceci est le signe d’une très haute naissance en Egypte, Lycinus. Tous les enfants de condition libre (nés libres) tressent leurs cheveux jusqu’à l’âge adulte ; c’est juste le contraire de nos ancêtres qui trouvaient convenable, pour les personnes âgées, de nouer leurs cheveux avec une broche en or pour les tenir. » 31

Apollodore (Ier siècle avant notre ère)

. Philosophe grec. D’après Apollodore, « Egyptos subjugua le pays des pieds noirs et l’appela Egypte d’après son propre nom » 32.

Eschyle (525 ? à 456 avant notre ère)

. Poète tragique, créateur de la tragédie grecque. Dans les Suppliantes Danaos, fuyant avec ses filles les « Danaïdes », poursuivi par son frère Egyptos, accompagné de ses fils les « Egyptiades », qui veulent épouser de force leurs cousines, monte sur un tertre, observe la mer et décrit ainsi les « Egyptiades » qui rament au loin : « Je distingue l’équipage avec ses membres noirs sortant des tuniques blanches. » 33 28. Sénèque, Questions naturelles. Livre IV, 17. 29. Hérodote, Livre II, 22. 30. Aristote, Physiogn. 6. 31. Lucien, Navig., paragraphes 2 à 3. 32. Apollodore, Livre II, « La famille d’Inacus », paragraphes 3 et 4. 33. Eschyle : Les Suppliantes, vers 719 à 720. Voir également vers 745. Chéops, pharaon de la IVe dynastie, constructeur de la Grande Pyramide. (Source : C.A. Diop, 1967, pl. XVIII.) Une description similaire du type égyptien est reprise encore, quelques lignes plus bas, au vers 745. Achille Tatius d’Alexandrie Il rapproche les bouviers du Delta des Ethiopiens et montre qu’ils sont noirâtres comme des métis.

Strabon (58 avant notre ère ? vers 25 après)

. Visita l’Egypte et presque tous les pays de l’Empire romain. Il confirme la thèse selon laquelle les Egyptiens et les Colches appartenaient à la même race : mais il pensait que la migration ne s’était faite qu’à partir de l’Egypte vers l’Ethiopie et la Colchide. « Des Egyptiens se sont établis dans l’Ethiopie et dans la Colchide. » 34 Il n’y a aucun doute sur l’idée que Strabon se faisait de la race des Egyptiens, car il tente par ailleurs d’expliquer pourquoi les Egyptiens sont plus noirs que les Hindous, ce qui permettrait d’écarter, s’il en était besoin, toute tentative de confusion entre la race « hindoue et l’égyptienne ».

Diodore de Sicile (63 avant ? 14 après)

. Historien grec contemporain de César Auguste. D’après son témoignage, c’est l’Ethiopie qui aurait colonisé l’Egypte (au sens athénien du terme : la densité augmentant, une fraction du peuple émigre vers de nouvelles terres).
« Les Ethiopiens disent que les Egyptiens sont une de leurs colonies 35 qui fut menée en Egypte par Osiris. Ils prétendent même que ce pays n’était au commencement du monde qu’une mer, mais que le Nil, entraînant dans ses crues beaucoup de limon d’Ethiopie, l’avait enfin comblé et en avait fait une partie du continent… Ils ajoutent que les Egyptiens tiennent d’eux, comme de leurs auteurs et de leurs ancêtres , la plus grande partie de leurs lois. » 36

Diogène Laërce Il a écrit à propos de Zénon (333 -261 avant notre ère)

, fondateur du stoïcisme : « Zénon, fils de Mnaseas ou Demeas, était natif de Citium à l’île de Chypre, une cité grecque qui avait reçu des colons phéniciens. » « Il avait le cou tordu, dit Thimoteus d’Athènes dans son livre intitulé Vies cependant Apollonius de Tyr dit qu’il était frêle, très grand et noir, d’où le fait que certains l’aient appelé une branche de vigne égyptienne, selon Chrysippe dans le Ier livre de ses Proverbes. » 37

Ammien Marcellin (330 ? – 400 de notre ère)

. Historien latin ami de l’empereur Julien. 34. Strabon, Géographie, Livre I, chapitre 3, paragraphe 10. 35. Souligné par nous. 36. Diodore, Histoire universelle, Livre III. L’ancienneté de la civilisation éthiopienne est attestée par l’auteur grec le plus ancien et le plus vénérable, Homère, aussi bien dans l’Iliade que dans l’Odyssée : « Jupiter aujourd’hui suivi de tous les dieux Des Ethiopiens reçoit les sacrifices » (Iliade I, 422). « Hier pour visiter la sainte Ethiopie Au bord de l’océan Jupiter s’est porté » (Iliade I, 423). 37. Diogène Laërce, Livre VII. 1. afrique ancienne 58 Avec lui, nous touchons au déclin de l’Empire romain et à la fin de l’Antiquité classique. Neuf siècles environ séparent sa mort de la naissance d’Eschyle ou d’Hérodote, neuf siècles pendant lesquels les Egyptiens submergés par les leucodermes n’ont cessé de se métisser. On peut dire sans exagération qu’en Egypte, dans une maison sur dix, il y avait un esclave blanc, asiatique ou indoeuropéen 38. Il est remarquable que ce métissage n’ait pas réussi, malgré son intensité, à bouleverser les constantes raciales. En effet, Ammien Marcellin écrit : « Mais les hommes d’Egypte sont, pour la plupart, bruns et noirs, d’aspect grêle et sec. » 39 L’auteur confirme également les dépositions précédentes sur les Colches. « Au-delà de ces contrées se trouvent les régions populeuses des “Camaritae” 40 le Phasis avec son cours impétueux borde le pays des Colches, une ancienne race d’origine égyptienne. » 41 Nous venons de procéder à une revue partielle des témoignages des auteurs gréco-latins anciens sur la race égyptienne. Leur convergence est impressionnante et constitue un fait objectif difficile à minimiser ou à dissimuler. L’érudition moderne oscille constamment entre ces deux pôles.

ARTICLES SIMILAIRES
 Samory Touré

Samory Touré

Né vers 1830 à Sanankoro au Mali, Samory Touré opta pour une stratégie d’affrontement plutôt

 Modibo Keita

Modibo Keita

De grande taille (1m 98), Modibo avait un physique d'athlète. Il émanait du personnage un magnéti

 Kwamé Nkrumah

Kwamé Nkrumah

Kwame Nkrumah est considéré comme le père du panafricanisme. Il fut l'un des tous premiers à rê

0 COMMENTAIRE

se connecter pour commenter

En HAUT