Un livre de Dr Cheikh Anta Diop
Extraits et passages du livre

A ceux qui critiquent ses travaux sans jamais se placer sur le terrain de la discussion scientifique, Dr Cheikh Anta Diop répond :
«On fuit le débat scientifique d'une façon qui ne trompe personne lorsqu'on substitue à la réfutation des arguments une explication "psychologique" de la motivation d'une œuvre. Nous assumerons toujours allègrement la somme des qualificatifs divers par lesquels on peut décrire le flux et le reflux de nos états d'âmes de "colonisés" ou d'ex-colonisés "en situation de", etc. Mais on peut rappeler à tous ces psycho-sociologues de circonstance ou de métier qu'ils dissimulent leur dérobade car les raisons qui poussent à écrire n'ont rien à voir avec la véracité ou l'exactitude de ce que l'on écrit. Or, c'est sur ce terrain qu'ils sont invités à se prononcer. Car il est le seul qui soit vraiment intéressant et accessible à une science objective.» [Dr Cheikh Anta Diop, Antériorité des civilisations nègres – Mythe ou vérité historique ?, op. cit., p. 11.]


"[Et] les études africaines ne sortiront du cercle vicieux où elles se meuvent, pour retrouver tout leur sens et toute leur fécondité, qu'en s'orientant vers la vallée du Nil. Réciproquement, l'égyptologie ne sortira de sa sclérose séculaire, de l'hermétisme des textes, que du jour où elle aura le courage de faire exploser la vanne qui l'isole, doctrinalement, de la source vivifiante que constitue, pour elle, le monde nègre" Antériorité des civilisations nègres - mythe ou vérité historique ?, p. 12].

Le renouvellement des études africaines
En 1967, Dr Cheikh Anta Diop annonce déjà la fin de l'africanisme :
« Il y a lieu d'insister en guise de conclusion, sur les nouvelles exigences des "Études africaines"... Pour pénétrer plus profondément la complexité de la réalité africaine, un contact direct avec le milieu, supposant une connaissance des langues africaines, sera nécessaire. La formation de l'africaniste traditionnel est devenue insuffisante. La connaissance de l'Égyptien ancien, en particulier, deviendra indispensable pour faire des travaux sérieux d'anthropologie culturelle sur l'Afrique noire. En effet on a commencé à se rendre compte que l'on avait séparé artificiellement, dogmatiquement et anti-scientifiquement, ce qui ne faisait qu'un ; et il faudra bien réunifier les parties pour retrouver l'ensemble, la macro-unitÉ, le sens et la continuitÉ, la profondeur. A défaut de cette adaptation, le rôle de l'africaniste traditionnel sera progressivement réduit à une activité quasi journalistique.
En réalité, la notion d'africaniste correspondait à une phase du développement culturel et politique de l'Afrique noire dans les temps modernes, à une situation spécifique comme l'étaient naguère la notion de sinologue pour la Chine et dans une grande mesure encore celle d'orientaliste pour l'Asie occidentale. Elle suppose une tutelle culturelle et intellectuelle. Elle sera dépassée au fur et à mesure que les Africains prendront en main leurs destinées politiques et culturelles » [Antériorité des civilisations nègres - mythe ou vérité historique ?, pp. 213-214].


Dans Antériorité des civilisations nègres - Mythe ou vérité historique ?, il écrit:
"Dans Nations nègres et Culture, nous avions rapporté exprès un ensemble de faits grammaticaux les uns quasi certains, les autres probables ou simplement possibles. Nous étions en effet conscient du fait que la recherche était à peine commencée et qu'il fallait reconnaître le terrain et signaler à l'attention des futurs chercheurs africains tout ce qui méritait de l'être. Certains critiques feignent de méconnaître cette attitude". [Dr Cheikh Anta Diop, Antériorité des civilisations nègres – mythe ou vérité historique ?, op. cit., p. 275].

"Partant de l'idée que l'égypte ancienne fait partie de l'univers nègre, il fallait la vérifier dans tous Ies domaines possibles, racial ou anthropologique, linguistique, sociologique, philosophique, historique, etc. Si l'idée de départ est exacte, l'étude de chacun de ces différents domaines doit conduire à la sphère correspondante de l'univers nègre africain. L'ensemble de ces conclusions formera un faisceau de faits concordants qui éliminent le cas fortuit. C'est en cela que réside la preuve de notre hypothèse de départ. Une méthode différente n'aurait conduit qu'à une vérification partielle qui ne prouverait rien. Il fallait être exhaustif " [Dr Cheikh Anta Diop, Antériorité des civilisations nègres – mythe ou vérité historique ?, op. cit., p. 275].

Le renouvellement des études africaines
En 1967, Dr Cheikh Anta Diop annonce déjà la fin de l'africanisme :
« Il y a lieu d'insister en guise de conclusion, sur les nouvelles exigences des "Études africaines"... Pour pénétrer plus profondément la complexité de la réalité africaine, un contact direct avec le milieu, supposant une connaissance des langues africaines, sera nécessaire. La formation de l'africaniste traditionnel est devenue insuffisante. La connaissance de l'Égyptien ancien, en particulier, deviendra indispensable pour faire des travaux sérieux d'anthropologie culturelle sur l'Afrique noire. En effet on a commencé à se rendre compte que l'on avait séparé artificiellement, dogmatiquement et anti-scientifiquement, ce qui ne faisait qu'un ; et il faudra bien réunifier les parties pour retrouver l'ensemble, la macro-unitÉ, le sens et la continuitÉ, la profondeur. A défaut de cette adaptation, le rôle de l'africaniste traditionnel sera progressivement réduit à une activité quasi journalistique.
En réalité, la notion d'africaniste correspondait à une phase du développement culturel et politique de l'Afrique noire dans les temps modernes, à une situation spécifique comme l'étaient naguère la notion de sinologue pour la Chine et dans une grande mesure encore celle d'orientaliste pour l'Asie occidentale. Elle suppose une tutelle culturelle et intellectuelle. Elle sera dépassée au fur et à mesure que les Africains prendront en main leurs destinées politiques et culturelles » [Antériorité des civilisations nègres - mythe ou vérité historique ?, pp. 213-214].


Dans Antériorité des civilisations nègres - Mythe ou vérité historique ?, il écrit:
"Dans Nations nègres et Culture, nous avions rapporté exprès un ensemble de faits grammaticaux les uns quasi certains, les autres probables ou simplement possibles. Nous étions en effet conscient du fait que la recherche était à peine commencée et qu'il fallait reconnaître le terrain et signaler à l'attention des futurs chercheurs africains tout ce qui méritait de l'être. Certains critiques feignent de méconnaître cette attitude". [Dr Cheikh Anta Diop, Antériorité des civilisations nègres – mythe ou vérité historique ?, op. cit., p. 275].


"Partant de l'idée que l'égypte ancienne fait partie de l'univers nègre, il fallait la vérifier dans tous Ies domaines possibles, racial ou anthropologique, linguistique, sociologique, philosophique, historique, etc. Si l'idée de départ est exacte, l'étude de chacun de ces différents domaines doit conduire à la sphère correspondante de l'univers nègre africain. L'ensemble de ces conclusions formera un faisceau de faits concordants qui éliminent le cas fortuit. C'est en cela que réside la preuve de notre hypothèse de départ. Une méthode différente n'aurait conduit qu'à une vérification partielle qui ne prouverait rien. Il fallait être exhaustif " [Dr Cheikh Anta Diop, Antériorité des civilisations nègres – mythe ou vérité historique ?, op. cit., p. 275].