Sur le chemin des hommes. Essai sur la poésie négro-africaine
Issues des pages 119 et 120

Comme son titre l'indique, l'auteur s'y est essayé à la critique de belles lettres, mais pas n'importe lesquelles car il s'est cantonné dans deux catégories bien ciblées : auteurs, des Nègres; genre, la poésie.

Une eau lustrale – eau sacré des dieux vaudou – a été préparée par Atibon Legba, « patron des portiers »; par Ogou-Ferraille, manieur de feu; par Damballah Wèdo, « le coeur battant de l'eau/le sexe bandé de l'eau »; par Agoueé Taroyo, « le grand monstre marin », maître du vaste océan; par Ogou Badagris dont l'épée phallique est « une implacable »; par Guédé-Nibo Sobadi Sobo Kalisso dont le phallus mesure un demi-mètre ;

par Azaka-Médé, tonnerre et tempête en marche; par cousin Zaka, une goutte verte pour préparer la grande soif de la création ; par Agassou « un grand faiseur de pluie »; par cap'tain Zombi aux multiples points sensoriels; par Baron samedi à la belle barbe blanche qui est en fait un « nid de guêpes féroces »; par Chango, le « lanceur de foudre » qui plonge la main dans l »huile chaude; par Ti-Jean Sandor dont la haine ne quitte jamais ses os, son sang ni sa peau même quand la nuit il dort; par Agaou, « natif de la Guinée », le canonnier de de l'éclair »; par Baron-La-Croix, « le chien qui hurle à la mort »; par Loko « qui veille sur les points cardinaux ». (...)
Cette eau sacrée vient des confins de la douleur. Elle vient des profondeurs de la mer.
Cette eau « est le glorieux zodiaque qui vaincra tous les monstres de notre nuit! » (Arc-en-ciel, p77) (...)
Cette eau est l'eau de la purification, l'eau d'un nouveau baptême. Elle porte en elle la joie humaine, les chances de l'espérance, et elle parle au nom de tous les hommes. (...)
Cette eau préparée par un dieu en seize personnes et des dizaines d'autres loas mineurs est l'eau du salut : elle dissoudra « toute la crasse blanche que les folies humaines ont accumulée » jusque dans le coeur des innocents: